Accueil Date de création : 06/09/09 Dernière mise à jour : 13/09/09 23:41 / 4 articles publiés
 

Introduction .  posté le dimanche 06 septembre 2009 02:00

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 Je joue la case départ . Et tu seras l'arrivée , ça te dit ? Je poserais les pions et tu feras en sorte qu'ils se déplacent sans faute . J'indiquerais leurs directions et tu les fera bouger de façon aussi réelle que tu le peux . Ils suivront nos pas comme si leurs esprits n'étaient faits que pour ça .
Ils batteront les adversaires comme si nos fouets les guettaient chaque seconde , comme si nos indications n'avaient pour seul but la réussite .
Je ferais en sorte que ce jeu soit aussi réel qu'il ne puisse l'être , et tu feras en sorte que tout soit aussi faux qu'il paraisse être vrai .
Echec et mat .

Et c 'est ainsi , que notre pacte fît de nous les plus grands perdants d'un jeu dans lequel nous pensions être les seuls Maîtres .

 

 

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1 .  posté le mercredi 09 septembre 2009 01:22

 

Chaque matin , je me lève dans l'espoir de voir en cette journée quelque chose d'exceptionnel , de changé , de déçevant , réjouissant , quelque chose qui me permettrait de me souvenir que dans ma vie , ce jour là compte aussi .
Je renaîs tous les matins , 365 fois par an , pendant 8760 heures , 525 600 minutes , 31 536 000 secondes ma vie défile aussi vite que le temps lui ordonne de le faire, et aucun de ces chiffres , aussi grands soient-ils pourraient témoigner du contraire .
Les années ont passées et je suis conscient de n'avoir encore rien vu , rien compris , rien acquis de la vie .
Je m'éveille de l'autre monde comme un enfant sortant de son aire de jeux . Les yeux écarquillés pointant le plafond , membres immobiles , mon cerveau exécutant pour seule action la remise en place de mon esprit fraichement sorti d'un rêve absurde .
Tellement absurde que mes lourdes paupières se referment dans l'espoir d'y voir une fin , une suite , de reconstituer ce rêve aussi clairement qu'il ait été vu pendant toutes ces heures .
J'abandonne .
Les bruits du voisinage perturbant mes sens , je me lève enfin décidé à emprunter le chemin de la salle de bain .
Un camion de déménagement , ce foutu camion qui a sûrement du réveiller tout le quartier , attire mon attention non seulement pour sa couleur bien rouge , mais surtout pour l'endroit où il était posé . Madame Haggins , une amie bien proche de ma grand mère , que personnellement j'apprécie pas des masses, accueille visiblement quelqu'un de nouveau .
Comme si mes problèmes ne m'occupaient pas assez l'esprit , je pense devoir en prime accueillir un nouvel arrivage dans le quartier .
Le bonheur .

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2 .  posté le mercredi 09 septembre 2009 02:20

- Tu pourrais au moins penser à m'aider un peu non ?
- TU as voulu venir vivre ici , alors excuse moi mais tu m'as dejà assez perturbé comme ça , je n'ai pas envie de me faire virer en prime .
- Ok j'ai compris maman , merci de tout coeur .
- Ouais, les déménageurs t'aideront , tu n'as qu'à leur demander , je suis en retard vraiment je dois y aller , à ce soir Kat' .
" Oui à ce soir maman ..." pouffais-je dans l'air , inaudible pour ma mère qui s'était glissée dans son taxi manquant à moitié de renverser tout son café sur son chemisier gris .
Les cartons les plus lourds avaient été gentiment montés dans ma chambre par les hommes que ma mère avait engagés afin de m'aider à " bouger " toutes mes affaires .
Elle n'avait pas touché à ma chambre depuis toutes ces années , la tapisserie était restée là , les dessins que j'y avais ajoutés ainsi que les taches de peinture n'avaient pas changés, seul mon petit lit avait été remplacé par un plus grand, ainsi que ma table de chevet qui était désormais d'un violet pâle, autant vous dire que mes murs roses à fleurs jaunes n'allaient pas de paire avec, que mon grand lit de femme ne collait pas avec mes dessins enfantins et mes peluches blanches.
Je m'en fichais .
Ma fenêtre donnait sur un grand lac , seuls quelques brefs souvenirs me rappelaient que la seule fois ou j'y avais eté , c'était avec mon père .
Je suis revenue là , où la base même de mon existence était née .
Lorsque mon père nous a laissées , ma mère n'était plus en état de nous entretenir . Son chagrin dépassait les limites de mon entendement , à 6 ans je ne comprenais pas pourquoi elle s'en voulait autant , pourquoi elle s'en inquiétait autant , pourquoi ce départ l'avait à ce point tuée.
Elle m'avait laissée à ma grand mère , jugeant ne pas être capable de m'élever normalement . Venait me voir quand elle le pouvait . Par la faute de l'un , j'avais perdu mes deux parents .
Et j'ai dû vivre avec .
Ma mère est mon amie , une sorte de connaissance , une fille à laquelle je raconte tout superficiellement . Les sentiments n'ont jamais eu l'occasion de s'installer entre nous .
Alors désormais on reste colocataires .
Elle est stricte , sevère , souvent impatiente et sans scrupules , mais elle reste ma mère alors... il va falloir que je me tienne un minimum .
Elle venait me voir qu'une fois par mois depuis quelques années , je la voyais de temps en temps lorsqu'on se croisait en ville .
Notre connaissance superficielle a fait de nous des étrangères , incapables d'assumer l'erreur qu'elles ont fait de ne jamais avoir osé se rapprocher .
Je ne sais pas ce que j'attends de mon retour ici , je voulais changer d'air , partir de Hills , laisser vivre leurs dernières années à mes grands parents , et ne plus laisser ma mère toute seule. Je voulais revenir ici , essayer de la comprendre , de comprendre pourquoi le départ de mon père ne m'avait quasi pas affecté . J'avais besoin d'un renouveau , d'air frais , de réponses à mes questions et de piment dans ma vie . En regardant de plus près tout ce qui se trouvait autour de moi , j'avais le pressentiment de n'avoir encore rien vécu , j'avais le pressentiment que cette ville attendait mon arrivée pour m'en faire baver , pour me mettre à l'épreuve et me soumettre à la dure réalité de la vie . 
J'avais decroché le regard de ma fenêtre , posé le carton sur mon lit , pris les clés de la voiture , fermé soigneusement la porte de ma chambre et pris la direction du magasin de bricolage le plus proche .
Je détestais vraiment cette tapisserie .

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3 .  posté le dimanche 13 septembre 2009 23:41


 

 

Les gens rêvent d'inventer tellement de choses , de nouveaux moyens , tellement de machines , de médicaments , d'objets , tellement de solutions afin de nous satisfaire qu'on se perdrait presque dans nos propres envies .
Je voudrais avoir le pouvoir d'effacer de ma vie toutes les choses qui occupent à ce point mon esprit . Tout ce qui s'est passé et qui aujourd'hui , me ronge .
Tout ce qui est arrivé de travers , par accident, par erreur ou même par envie , tout ce qui ne s'est pas déroulé comme je l'aurais voulu .
Tout ce qui n'était pas arrivé à cause de toi .
J'aimerais effacer le souvenir d'avoir vécu pendant quelques instants ce que j'avais attendu depuis des mois . Ce que je considérais comme acquis , comme gagné . Je t'ai placé dans ma vie en tant que lot , que je devais remporter .
La personne qui a fait de toi ce que tu étais à mes yeux n'a cessé de me harceler , j'ai changé.
La patience a pris le dessus , je ne me résignais pas à l'idée de pouvoir te perdre , chacun de tes gestes , chacune de tes paroles , de tes habitudes , chaque chose qui te constituait s'engregistrait en moi comme s'il s'agissait de mon propre corps .
Chaque chose en toi qui me redonnait l'espoir d'y croire un minimum remplissait ma patience .
Plus le combat est dur , plus la victoire est belle ...
Je n'ai jamais cessé d'y croire , j'en ai eu les moyens , les mots , l'assurance de mes amis et même de mes ennemis . J'ai pourtant abandonné .
Je ne pouvais plus vivre dans l'attente de quelque chose , de n'importe quoi , d'un attachement , d'une once d'amour venant de toi , d'une part d'interêt ou de compassion .
Tu ne m'as jamais rien laissé voir , même si je mourrais d'envie de tout te dire . Mes journées s'emplissaient de toi au fur et à mesure que tu commençais à me manquer , les matins s'éveillaient sur mes souvenirs avec toi , mes journées se passaient à parler de toi , et mes soirées s'abandonnaient sur l'espoir d'avoir un jour l'occasion de te revoir comme la dernière fois . Tout ce qui se rattachait à toi m'obsèdait au point de commencer à tout détester . Tu ne m'as pas laissée le choix de rester attaché à toi , parce que tu restes toi , tu restes là , et tu me donnes espoir .
Déteste moi , refoule moi , dis moi que tu ne veux pas de moi , fais quelque chose qui pourrait faire de toi quelqu'un de détestable , laisse moi te hair et te chasser de ma tete .
Pour que je puisse enfin y voir plus clair .
Je ne t'en voulais pas , je ne t'en voudrais jamais car je sais qu'il y a une raison à tout ce que tu te refusais envers moi .
Le temps passe et rien ne change , il ne passe pas si vite ,  ce que je pensais avoir duré des années , m'était arrivé seulement depuis quelques mois ... et ma patience elle, était arrivée à sa fin .
On aura tout le temps de repenser à ce qui aurait dû se passer . On aura tout le temps de regretter ce qui n'aura jamais eu l'occasion de se produire . On aura tout le temps de se dire que finalement , rien n'arrivera jamais .
J'ai juste peur qu'à ce moment là , je ne serais plus ici pour en parler avec toi .
Le temps est nécessaire pour oublier ce qui nous a fait du mal , mais il ne remplace pas tous les moments qu'on perd en attendant qu'il passe .


" Chris lève toi de ton lit maintenant ! " cria ma grand mère , je m'étais finalement de nouveau assoupi sur mon lit après avoir vu que quelqu'un de nouveau était arrivé dans le quartier .
 

 

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